Pour le retour de notre ligue préférée, Let’s Talk Basketball a choisi de mettre en lumière ses principes, parfois difficiles à appréhender. Aujourd’hui, cap sur le marché des “agents libres”, la Free Agency.

In this fall… this is very tough… in this fall I’m going to take my talents to South Beach and join the Miami Heat.

Lebron James, The Decision 8 Juillet 2010
La venue de Lebron James à Miami et la formation des célèbres “Heatles” ont changé la face de la NBA à tout jamais (source: Google Photo)

Un séisme. C’est l’effet d’un séisme qu’à eu l’annonce de Lebron James pendant cet été 2010, où, lors d’une emission en direct sur ESPN le King annonce son départ vers le Miami Heat. Une catastrophe à Cleveland (déjà détaillée par nos soins) qui vient de perdre le meilleur joueur de son histoire et passe du jour au lendemain d’une prétendante au titre à une équipe de bas de tableau. Ajouté à Lebron, le génial directeur du Heat Pat Riley, ajoute Chris Bosh et re-signe Dwayne Wade pour créer un des trios de stars les plus marquant de l’histoire de la NBA. Tout ca, sans lâcher aucune contrepartie à l’inverse d’un transfert (si tu te demandes ce qu’est un transfert, nous te conseillons de regarder par ici). Lebron James a signé à Miami en tant qu’Agent Libre.

Un agent libre, ou Free Agent dans la langue de Stormzy, est un joueur NBA ayant terminé son contrat et pouvant signer avec n’importe quelle franchise NBA qui a assez de place dans sa trésorerie pour le payer. Car comme décrit lors des épisodes précédents de NBA is back, les équipes NBA ont un montant limite d’argent pour le salaire annuel des joueurs, appelé salary cap, qui permet d’éviter, en théorie, le monopole d’une franchise qui aurait les fonds nécessaires pour surpayer les meilleurs joueurs de la planète. Ce salary cap, qui est d’un montant de 109.1 millions de dollars pour la saison 2020-21, est une part de 57% du BRI (Basketball Related Income, ou revenus liés au basket) de la NBA qui est partagé entre chaque équipe de la ligue. Ce montant peut être dépassé grâce aux nombreuses exceptions facilitant les franchises à re-signer leurs joueurs à des montants avantageux, par exemple Damian Lillard qui a signé une super-extension de $200M sur 5ans, un montant qu’aucune franchise n’était capable de lui offrir.

Le salary cap en NBA de 1984 à 2021. Le montant pour la saison 2020-21 (en vert) a été réduit à $109.1M suite à la pandémie Covid19 (source: RealGM)

Afin de garder l’équité dans la ligue malgré ces exceptions, la NBA un instauré une “luxury tax”, ou taxe de luxe, c’est à dire l’ISF de la NBA. Cette taxe de riche est très simple: pour chaque dollar annuel payé au dessus de la limite ($132,2M pour la saison 2020-21), l’équipe en question devra payer 1$ de taxe à la NBA. Même si cette taxe incite fortement les équipes à limiter leurs finances, certaines équipes comme les Blazers ont payé $4M de taxes à la ligue l’année dernière. C’est d’ailleurs un adage dans la ligue: presque tous les champions de cette dernière décennie ont dû payer la taxe de luxe. Seule exception: les Lakers de 2020.

Même si des signatures tonitruantes ont secoué la ligue pendant toute son histoire, comme la signature de Shaq aux Lakers en 1996 ou Kareem Abdul-Jabbar en 1974, jamais la NBA n’a connu de revirement de situation que depuis 2010 et la signature des 3 amigos au Miami Heat. Toujours dans son histoire, les superstars sont souvent restés dans leur franchise et bâtissent leur légende. Duncan à San Antonio. Kobe aux Lakers. Nowitzki aux Mavericks. Jordan aux Bulls (ou pas). Mais depuis The Decision, les joueurs sont capables de changer de franchise si les conditions ne leur conviennent pas ou que le management ne suit plus les envies de titres des superstars. Le dernier mouvement en date: Kahwi Leonard qui, oréolé d’un 2eme titre de MVP des finales va rejoindre sa ville de coeur Los Angeles, chez les Clippers.

La dernière signature marquante en date? Celle de Kahwi Leonard aux Clippers (source Sporting News)

Une tendance qui se confirme par la forme des contrats signés, désormais plus courts 2 ou 3 ans à l’instar des 4ans du contrat de Lillard. Cela permet une plus grande flexibilité pour les joueurs mais aussi pour les franchises qui essaient d’éviter de se retrouver dans des situations comme actuellement les Cavaliers avec Kevin Love (qui a signé une extension de 4ans à $120M en 2019) ou les Wizards avec John Wall ($171M sur 4ans en 2019) qui ne rentrent plus ou peu dans les plans de la franchise.

Cette année si particulière a permis un début de marché très animé avec notamment des arrivées surprises comme celle de Gordon Hayward aux Hornets et Montrezl Harrell aux Lakers ou de la consécration de futurs superstars comme Tatum et Fox qui ont résigné respectivement avec les Celtics et les Kings. En attendant la saison 2021-2022 à la fin du contrat de Lebron James afin de savoir sur quel banc le Chosen One posera ses royales fesses pour (vraisemblablement) ses dernières saisons…