Lebron James sévère et grave le 8 Juillet 2010 prendra une décision qui secouera le monde, et surtout la ville de Cleveland (Source: ESPN)

Juin 2003. Avec le premier choix de la draft, les Cleveland Cavaliers sélectionnent Lebron James, le talentueux enfant du pays (il est originaire de Akron, 50km au sud de Cleveland). La suite nous la connaissons. Rookie de l’année, une humiliation en finale perdue contre les Spurs en 2007, des déclarations tendancieuses dans les médias et enfin UNE déclaration. La fameuse “Decision” qui changea complètement la NBA, qui passera d’une ligue gérée par les propriétaires à une ligue où les joueurs ne sont plus attachés à une franchise. Cette décision a sonné aussi la fin de la relation privilégiée entre les Cleveland Cavaliers et son “élu”. À partir de ce moment, Lebron James est un homme qui marche seul, un mercenaire pour certains, le symbole d’une nouvelle ère pour d’autres. Mais pour les Cleveland Cavaliers c’est des milliards de dollars sur des dizaines d’années qui se sont envolés en quelques minutes d’interview télévisée.

The Decision: le début de la fin pour les Cavaliers

Le 8 Juillet 2010, ESPN programme un événement exceptionnel appelé “The Decision”, où Lebron James, fraîchement élu MVP, mais encore une fois écarté par des Celtics en demi-finales de conférence, va annoncer sur quel banc il posera ses royales fesses pour les prochaines années à venir. Contre toute attente, le King annonce qu’il rejoindra le Miami Heat pour les 4 années à venir, faisant du Heat de Wade, Chris Bosh et donc Lebron James la terrible équipe qui dominera la conférence est pendant une demi-décennie et donnera les 2 premiers titres NBA à James. Grâce aux “Heatles” et au génie de Pat Riley, le general manager, les Miami Heat capitaliseront au maximum des ventes des jerseys des “3 amigos” et des places à l’American Airlines Arena constamment plein pendant ces années, et deviendront une équipe qui compte en NBA aux côtés des Bulls, Celtics ou Lakers.

Le classement Forbes permet d’évaluer le rayonnement économique d’une équipe NBA (en mio$, source Statistica via Forbes)

Ce changement de statut est facilement observable grâce au classement Forbes, qui tous les ans décerne le prix de franchise la plus profitable à l’équipe la plus performante financièrement et sportivement aux Knicks. Même si “l’anomalie” de l’équipe de la grosse pomme est principalement dû à sa position géographique amenant bon nombre de touristes qui remplissent le Madison Square Garden, ce classement permet de voir les équipes qui comptent dans le paysage de la NBA, et permet d’évaluer le rayonnement d’une franchise. Parlez autour de vous, tout le monde saura reconnaître un maillot des Lakers floqué du numéro 24, du fameux 23 des Bulls voir plus récemment du 30 des Warriors.

Pour les Warriors justement, l’exemple est frappant: en 2003 la franchise de Californie est 27ème et entre timidement dans le top 20 vers le début des années 2010. Depuis les titres NBA de la fin de la décennie et la popularité de Stephen Curry, son plus célèbre étendard, la franchise se classe dans le top 5, et est aujourd’hui la 3ème franchise la plus rentable, derrière les Lakers et les Knicks donc, mais devant les Celtics, Bulls ou Houston Rockets. Cette popularité a su persister malgré le dernier exercice catastrophique des Dubs, le départ de leur meilleur joueur Kevin Durant et les incertitudes quant à la capacité de cette équipe à retrouver le chemin des Finales.

Cleveland restera comme “l’une des équipes de Lebron James” et non “l’équipe de Lebron James” (Source: Bleacher Report)

Cleveland à jamais dans l’ombre du meilleur joueur de son histoire

Cette postérité, Cleveland n’a pas réussi à l’atteindre avec son enfant chéri, malgré son retour victorieux qui amena à Cleveland son premier titre tout sport confondu depuis 50ans en 2016. Et son départ à Los Angeles en 2018 n’a fait que mettre le dernier clou sur le cercueil du cavalier maudit: les Cavaliers pointent aujourd’hui à la 24ème place (après avoir été 7ème en 2007 ou 12ème en 2016) derrière des franchises comme les Pacers, les Kings ou les Wizards, bien moins cotées sportivement. Evidemment l’aspect sportif n’est pas le seul aspect à prendre en compte dans le calcul de Forbes, mais une chose est sûre: si Micheal Jordan a réussi à mettre les Chicago Bulls sur la carte, Lebron a failli à son devoir de “Chosen One” de placer les Cleveland Cavaliers comme une franchise qui compte en NBA. Une ville qui aurait pu bénéficier de l’aura éternelle de King James, restera dans l’histoire à cause de quelques minutes d’interview “une des équipes de Lebron James” et non “l’équipe de Lebron James”. Un détail pour les fans du joueur, mais cette décision a fait perdre une manne économique énorme à la direction des Cavs et surtout aux habitants de la ville de l’Ohio qui auraient pu bénéficier du Lebron-tourisme.

La dernière Free Agency a encore montré que désormais les joueurs sont maîtres de leur destin (source ESPN)

Dire que Lebron James a failli face à ses “devoirs” de Chosen One autoproclamé depuis son arrivée dans la ligue est fort, car il a su apporter un titre à sa ville natale. Mais le joueur édifié par les médias comme le sauveur de la ville de Cleveland a cependant changé la face de la NBA et a engendré une nouvelle ère où les superstars sont maîtres de leur destin et prennent leur émancipation face à la ligue. À défaut d’avoir mis les Cavs sur la carte, Lebron James a changé à jamais le visage de la NBA, comme Jordan a su le faire avant lui. Et c’est avant tout ça que l’histoire retiendra et fera de Lebron James un des meilleurs de tous les temps.